La moitié des patients en dialyse souffrent de troubles du sommeil. Quelques habitudes simples peuvent faire une vraie différence.
La fatigue et les nuits difficiles font souvent partie du quotidien de nos patients. Ce n’est pas une fatalité. Une étude récente menée auprès de 231 patients en dialyse confirme que certaines habitudes de sommeil — simples à mettre en place — sont associées à moins de fatigue et un meilleur sommeil.
Ce qui perturbe le plus le sommeil
Trois comportements ressortent nettement :
- Des horaires irréguliers : se coucher et se lever à des heures différentes chaque jour perturbe l’horloge biologique.
- Des siestes trop longues : une sieste de plus d’une heure en journée rend l’endormissement du soir plus difficile.
- Les pensées qui tournent au lit : s’inquiéter ou planifier une fois couché empêche de déconnecter.
Quelques conseils concrets
- Levez-vous à la même heure chaque matin, même après une mauvaise nuit ou une séance de dialyse.
- Si vous faites la sieste, limitez-la à 20–30 minutes avant 15h.
- Éteignez les écrans (télévision, téléphone) au moins une heure avant de dormir.
- Le lit est fait pour dormir : évitez d’y regarder la TV ou de manger.
- Arrêtez café et thé après 14h.
- Une chambre fraîche, sombre et calme favorise l’endormissement.
Les jours de dialyse, le sommeil est souvent perturbé — c’est normal. Résistez à la tentation de rester au lit plus longtemps le lendemain : se lever à heure fixe aide à stabiliser le rythme et à mieux dormir les nuits suivantes.
Et si ces conseils ne suffisent pas ?
Ces habitudes sont utiles, mais elles ne règlent pas tout. Certains troubles du sommeil fréquents en dialyse ont des traitements spécifiques :
- Jambes sans repos (envie irrépressible de bouger les jambes le soir)
- Ronflements ou pauses respiratoires pendant la nuit
- Démangeaisons nocturnes
Si vous vous reconnaissez dans l’un de ces symptômes, parlez-en à votre médecin ou infirmier·ère — des solutions existent.
💤 Aparté : qu’est-ce que la chronodisruption ?
La chronodisruption, c’est le dérèglement de l’horloge biologique interne — le rythme naturel qui régule le sommeil, la température corporelle et de nombreuses fonctions de l’organisme.
En hémodialyse, les séances de soin perturbent directement ce rythme. Des études utilisant des montres connectées ont montré que les patients dorment en moyenne 55 minutes de moins la nuit qui suit une séance. Répété trois fois par semaine, cet effet finit par désynchroniser l’horloge biologique, rendant le sommeil irrégulier même les nuits sans dialyse.
La meilleure façon de limiter cet effet ? Maintenir une heure de lever fixe tous les matins, y compris après les séances — même si la nuit a été courte. C’est le signal le plus puissant que vous pouvez envoyer à votre horloge biologique pour l’aider à se recaler.
Chu G et al. Sleep Hygiene Among People With CKD. Kidney International Reports 2026 ; 11 : 106488. doi.org/10.1016/j.ekir.2026.106488